Une Traversée du Désert et une Envie de vivre retrouvée

La traversée du désert.
Cette expression qui dans le sens commun  de son utilisation signifie avoir une période difficile dans sa vie, peut aussi rappeler l’Exode où Moïse fini par recevoir les Tables de la Loi ou encore la Tentation du Christ. Il s’agit donc d’une période difficile à passer où tout est possible … se perdre totalement et sombrer ou au contraire apprendre et en sortir grandi.

Ceux, qui me connaissent un peu, se doutent déjà que l’histoire que je vais vous compter risque de ressembler fortement à mes 40 derniers jours.

 

 

Il était une fois…

Non, ce n’est pas un conte de fée ! Tout semble aller pour le mieux, et du jour au lendemain, vous vous réveillez au milieu du désert sans tout comprendre à ce qui se passe. Une fois l’étourdissement du crash passé, vous commencez alors à vous poser des questions : pourquoi moi ? Pourquoi je suis là ? Qu’est-ce qui s’est passé ?  Problème : Ce n’est pas les questions à se poser à ce moment-là.

En effet, vous êtes dans le désert … l’essentiel est de chercher à survivre et après le temps des questions viendra pour enfin vivre. Vous vous mettez à marcher sans savoir où aller. Le jour, le soleil de plomb vous accable, vous êtes capable de rien ; la nuit, le silence vous tourmente, vous pleurez. Vous pouvez soit vous laisser faire & dépérir, soit tenter de vous en sortir en cherchant une issue.

La vie étant si belle, le choix est vite fait. Trouver une issue. Comment la trouver ? Le jour, le soleil peut nous guider, mais sans savoir sa position, dans quelle direction aller ? La nuit, pareil, les étoiles peuvent nous guider, mais dans quelle direction ? C’est alors que la vie se joue de vous et vous donne démonstration de toute sa grandeur et folie. Elle vous propose des mirages, des guides qui au détour d’un chemin vous indique une direction ou  propose une énigme sur vous-même vous  permettant de vous diriger. Vous vous vautrez dans le sable, glissez sur les dunes, chutez encore et encore, pourtant vous vous relevez, vous avez décidé de survivre, vous avez décidé de prouver à cette vie que vous n’êtes pas prêt à baisser les bras car vous avez encore tant de chose à accomplir et au terme d’un chemin de 40 jours, vous arrivez à un chemin. Le chemin de votre renouveau, le chemin de votre nouveau départ, et là, à ce moment-là vous pouvez vous poser les questions du premier jour.

 

Pourquoi ? Pourquoi cette traversée du désert ? Pourquoi cette épreuve ?
De retour sur le chemin, en sécurité (quoique..), vous commencez votre introspection ? Qu’avez-vous appris de cette traversée ? Comment avez-vous pu arriver dans cette situation ?
Affectivement : La cause de la téléportation dans le désert. Une rupture inattendue,  la reconnaissance de ses quelques erreurs, le mensonge et la trahison de l’autre.
Puis en réfléchissant aux erreurs, ils s’avèrent  qu’elles sont un mélange de manque de communication, d’un manque d’expression de ses projets & envies et d’un effet de bord du professionnel.
Professionnellement : Aucun objectif. Manque de défi. Manque de nouveautés. Quand on est curieux, qu’on aime se remettre en question et se dépasser, ce n’est pas sortir des fichiers Excel qui vous motive et même si gérer les incendies est un bonheur (réfléchir vite et bien), cela est usant physiquement et mentalement (la dernière semaine en aura été une belle preuve).  Le résultat de tout cela est une déprime, le manque de volonté à faire des choses quand vous rentrez le soir chez vous et aucune volonté à y aller le matin.
Physiquement : Petite forme. Les fatigues mentale et physique laissent des traces qui finalement se répercutent sur l’affectif et le professionnel. Le sommeil est si difficile que les rêves ne sont plus.

Après ce constat, soit cela vous  convient, et le désert se présentera à vous à nouveau et il y a un moment où vous n’en sortirez pas vivant, soit vous décidez de sortie de ce cycle morbide et décider d’agir.

C’est bien de connaitre ses erreurs, il suffit de se faire violence pour qu’elles ne se reproduisent plus.
Communiquer, exprimer ses envies et ses projets et même quand cela va un peu moins bien (tout le monde à ses mauvaises passes) faire le petit effort nécessaire  n’est pas bien compliqué.
Faire le nécessaire pour arrêter la stagnation, se donner des nouveaux défis, retrouver son épanouissement et pour cela ne pas hésiter à donner un coup de pied dans la fourmilière.
Changer de boulot ? Pourquoi pas ? Se remettre en question, découvrir de nouveaux horizons, se dépasser, c’est ce qu’il me faut.
Puis savourer la joie des amitiés, la joie des expositions, des sorties, des voyages … vivre en somme.

Vous voyez, une traversée du désert, c’est dur, cela fait mal, mais si on accepte la remise en question, si on accepte les reproches, si on accepte les mains tendues, si on accepte de tout perdre, on peut en grandir.

 

Si j’ai été capable d’écrire cela, c’est pour vous dire :  le rêveur est de retour, mais surtout, ses rêves, il va faire le nécessaire pour les réaliser.
Il trouvera sa complice.
Il trouvera  le travail dans lequel il s’épanouira
Il poursuivra ses combats pour l’Homme, pour les Libertés de tous.
Il voyagera, il créera, il aidera, il rira, il sourira, il partagera…
Et ce futur, commence aujourd’hui.

Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu, aidé, violenté, apaisé ces dernières semaines.
J’ai toujours aimé ce texte, mais je ne m’en suis jamais senti aussi proche qu’aujourd’hui.
Promis, je vais faire le nécessaire, et promis, j’en ai rêvé … se transformera en il l’a fait.

 

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

If, Kipling, traduction d’André Maurois