Un nouveau chemin à tracer

Avertissement : Ce billet inaugure deux nouvelles catégories de ce blog : Cauchemar & Mon Monde.
Après tout, rêver, n’est pas constitué que de jolis songes, mais il arrive de véritables cauchemars qui n’en sont pas pour autant moins intéressants. Concernant Mon Monde, disons qu’elle regroupera tous les textes que je ne peux caler  ni dans Monde Réel, ni dans Mondes Virtuels, il ne s’agit pas nécessairement de moi, il ne s’agit pas forcément des faits exacts, mais c’est une pensée … un songe.

Il y a des périodes où tout semble vous sourire et il y en a d’autres où les bérézina  s’enchainent et vous vous demandez quand est-ce que cela va s’arrêter. A cette question, j’ai une réponse simple, autant nous pouvons toujours rêver d’aller plus haut 1, autant quand le fond est atteint, il existe toujours des prises pour empêcher de se lancer dans des forages pétroliers.

Il y a une dizaine années, quand j’ai passé l’oral du bac de français, j’étais tombé sur « De l’Inégalité parmi les hommes » de Rousseau, alors qu’au bac blanc j’avais hérité de « Candide ou l’Optimiste ».
Dix ans plus tard, j’ai l’impression que les pensées véhiculées par ces deux textes viennent de faire un retour fracassant dans « Mon Monde ».
Candide car l’aveuglement que peut produire le bonheur peut vous en faire oublier même que la Vie est un combat au quotidien. Les animaux se battent pour survivre, les hommes se battent pour vivre. Rien n’est définitif, rien n’est acquis, tout est perpétuel échange (n’est-ce pas mon  Yoda … « tout est flux ») et remise en question.
Rousseau car si il y a bien un domaine où nous ne pouvons pas mettre de barrière c’est l’Amour. Vous ne pouvez pas clôturer votre champ et dire qu’il est vous. Si vous souhaitez le conserver, il faut l’entretenir, le faire vivre, plutôt que d’être aveuglement béatement dedans  sans vous rendre compte qu’il est en train de crever, alors qu’il suffirait que vous l’arrosiez et l’entreteniez un minimum pour qu’il soit le plus merveilleux des champs.

C’est alors que l’inévitable se produit, et que du mur blanc lumineux vous vous retrouvez dans un univers noir et vous êtes perdu. Il vous faut du temps pour réaliser. Il vous faut du temps pour ouvrir les yeux … et là … soit vous fuyez vos responsabilités … soit vous analysez la situation pour comprendre et surtout apprendre de cette chute … si l’homme a appris à tomber c’est pour mieux se relever après tout, mais bien que marcher soit une chute perpétuelle, il est préférable d’éviter de reproduire la même erreur, pour avancer, toujours plus loin. Il faut être capable de se regarder dans le miroir, il faut être capable de passer de ce « Je » égoïste et aveugle, à ce « Je » narrateur, qui est capable d’écouter, capable se remettre en question.
Puis petit à petit, les yeux s’habituent à l’obscurité, et des détails apparaissent. Vous voyez même de nouveaux les étoiles qui vous entourent dont vous aviez complètement oublié l’existence. Vous en découvrez même des nouvelles, prêtent à tendre un de leurs rayons pour vous guider 2.

C’est alors que tel le Mat au tarot divinatoire 3, vous vous remettez en chemin, guidé par cette force invisible qu’est la Vie, prêt à retrouver le jour … sauf que là, c’est décidé, vous ferez attention à votre champ, vous ferez attention aux gens qui vous entourent et vous n’oublierez pas que rien n’est jamais acquis éternellement, que la Vie est un perpétuel combat et une remise en question permanente.

Une nouvelle page commence ici.
Un nouveau chemin est à tracer, en repartant presque de zéro. Je dis presque, car toutes les erreurs, toutes les blessures, toutes les réussites que nous trainons chacun dans notre baluchon, seront autant d’atouts pour affronter la vie et tous ses rebondissements pour aller toujours plus haut, en compagnie de son étoile.

Souvenez-vous,  que même face à un mur, quand tout est noir, il vous reste toutes les couleurs que vous avez dans votre tête et dans votre cœur pour redonner à ce tableau triste les couleurs du bonheur.

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

Le Cancre – Prévert.